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Patrimoine historique

L’ÉGLISE SAINT-ÉTIENNE de Cambronne-lès-Clermont

Sur le plateau qui sépare la vallée du Thérain de celle de la Brèche se dresse l’église Saint-Étienne de Cambronne-lès-Clermont. Église sans rivale, la flèche élancée de son clocher s’aperçoit à des kilomètres à la ronde, marquant ainsi l’emplacement du village.

 

Depuis quand une église à Cambronne ?

L’établissement par Odon II, évêque de Beauvais de 1133 à 1144, d’un titre destiné à confirmer les biens de l’abbaye de St-Paul-lès-Beauvais, titre précisant que ladite abbaye avait reçu le droit de patronage de l’église de Cambronne, permit aux premiers historiens de déduire qu’il existait déjà une église à Cambronne en 1136.

Un second document, en l’occurrence une charte de dédicace, fut trouvé par hasard en 1840 mais disparut à la fin du XXe siècle. Heureusement il avait été photographié au début du siècle et son authenticité n’était pas mise en doute. On sait donc, grâce à cette charte de dédicace, que le 4 décembre 1239 Robert de Cressonsacq, évêque de Beauvais, dédia à saint Étienne l’église de Cambronne-lès-Clermont.

 

L’église vue de l’extérieur

À qui arrive à Cambronne, l’église Saint-Étienne présente une silhouette singulière composée de trois éléments : une partie basse (la nef) séparée d’une partie haute (le chœur) par un clocher octogonal surmonté d’une élégante flèche de pierre à huit pans qui culmine à 32 m.

Conformément à la tradition, l’église de Cambronne est orientée à l’est. Sur le côté sud (du côté du calvaire), l’espace est suffisamment dégagé pour que l’on puisse voir la toiture. Celle-ci, tant pour la nef que pour le chœur, comporte deux plans : un plan inférieur qui couvre les bas-côtés, et un plan supérieur correspondant à la moitié du toit de la nef (à gauche)  et à la moitié du toit du chœur (à droite). Les autres moitiés ? Elles se trouvent au nord, bien sûr, au nord où existent aussi des toits inférieurs pour couvrir d’autres bas-côtés.

Si maintenant on va observer la façade ouest de l’édifice, là où se trouve l’entrée principale, on sera frappé, voire choqué, par la dissymétrie de cette façade. En fait cette dissymétrie résulte de travaux ultérieurs qui, d’une part, élargirent la moitié sud de la façade et d’autre part la rehaussèrent. La façade actuelle est donc une conséquence des travaux d’agrandissement de l’église primitive, laquelle ressemblait à bien d’autres églises de son époque, églises que le XIXe siècle qualifia de romanes.

Cette église primitive des années 1140 se trouva agrandie d’une autre manière, à savoir son prolongement vers l’est par la construction de deux travées avec bas-côtés. C’était vers 1220 et il est aisé de constater l’évolution architecturale en trois-quarts de siècle.

Quelques années avant 1239 une ultime campagne de travaux ajouta deux nouvelles travées (tellement dans le style des précédentes que cela ne saute pas aux yeux) pour nous léguer le chœur que nous connaissons aujourd’hui.

 

L’intérieur de l’église

On pénètre habituellement dans l’église par la petite porte située au sud. On descend alors dans le bas-côté (on dit aussi collatéral) sud, celui qui fut agrandi. On remarque vite les colonnes à deux chapiteaux ornés de sculptures soulignées de traits d’ocre rouge, sculptures aussi « grotesques » qu’énigmatiques.

De la nef vers le chœur, on passe par la travée dont les quatre piliers soutiennent la tour octogonale du clocher qui abrite la cloche Antoinette. Les chapiteaux de ces piliers, notamment au sud, sont décorés de personnages qui, tels le géant Atlas portant le monde sur ses épaules, paraissent supporter les retombées d’ogives, d’où leur nom d’atlantes. Quant à les identifier et à interpréter leur attitude, la chose reste à faire.  

À l’est, le chœur constitue la partie la plus originale de l’église Saint-Étienne, ne serait-ce que par ses dimensions qui le rendent, contrairement à l’habitude, plus vaste que la nef.

Dans chacune de ses quatre travées, le chœur ouvre sur ses collatéraux par une grande arcade. Au-dessus de chaque grande arcade, une autre arcade ouvre sur les combles des collatéraux. 

Cela ne se voit guère car cette arcade du haut se divise d’abord en trois arcades à leur tour divisées chacune par une paire de lancettes supportant un quatre-feuilles (ou quadrilobe), ornement caractéristique de l’art gothique ; puis, comme le restant de cette arcade supérieure dépasse le toit du collatéral, il est percé d’une baie vitrée dans laquelle s’inscrit un trilobe

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De l’extérieur, les quatre baies vitrées sont l’une des singularités de l’église de Cambronne. Elles contribuent pour beaucoup à l’éclairage du chœur, pas autant toutefois que la grande baie à trois lancettes qui occupe la quasi-totalité du chevet de l’église, grande baie qui trouve un écho dans la baie plus modeste qui perce le mur oriental de chaque bas-côté. 

Date de dernière mise à jour : 18/11/2014